| L'euthanasie au delà des slogans |
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| Écrit par M. D. |
| Mardi, 06 Septembre 2011 09:29 |
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Lorsque l'on légifère, il faut toujours s'interroger sur les conséquences. Dans le cas de l’euthanasie, nous n’avons pas besoin d’imaginer les conséquences : il nous suffit de les constater ! En effet, des lois autorisant le personnel médical à donner la mort existent déjà en Suisse, aux Pays-Bas et en Belgique.
Voulez-vous connaître les conséquences ? Aux Pays-Bas, les personnes âgées se ruent dans les maisons de retraite de la frontière allemande où l’euthanasie est interdite. Pourquoi ? Par peur d’être tuées par des soignants ou sur demande des proches pris dans un élan de « compassion », ou tout simplement souhaitant avancer le RDV avec M. le Notaire. En Suisse, des personnes dépressives ou que l’on pouvait guérir ont été euthanasiées. En Belgique, les scandales ont révélé l’euthanasie d’une centaine d’enfants alors que cette pratique est interdite sur les mineurs. Pourtant, lorsque ces lois furent votées, un encadrement strict de la pratique était prévu. Mais une porte à moitié ouverte finit toujours par s’ouvrir en grand. Les verrous sautent au fil des années, et un climat de peur et d’insécurité se répand entre le malade, sa famille et le médecin. Or, les hôpitaux sont des lieux de confiance. Lorsque une famille et un médecin ont un pouvoir de vie ou de mort sur ma personne, à qui faire confiance, à qui se confier, à qui se plaindre, sans craindre une interprétation erronée de mes propos ? Quelle peut être la relation entre le soignant et le patient lorsque ce dernier sait que son médecin peut mettre fin à sa vie ? Il en va exactement de même pour les relations entre le patient et sa famille. Ainsi, le « je voudrais mourir » est-il à prendre au premier degré ? Bien souvent non. Une demande peut en cacher une autre : un signal d’alarme exprimant une solitude et un besoin d’attention, à destination du personnel soignant et de la famille. Il ne faudrait pas passer à côté. L’impression d’être en trop, inutile et dérangeant pour la famille et la société peut rapidement gagner un malade ou une personne âgée. L'éventualité de mourir peut alors être ressentie comme un devoir de mourir : soulager l’entourage du poids que je suis, la société ne s’en portera que mieux (peut-être pas !) ... Dès lors, que faire en cas de souffrance insupportable ? Les médecins s’accordent à dire que les progrès de la médecine permettent aujourd’hui de soulager efficacement la souffrance physique : sédatifs, morphine, euphorisants… Les instruments d’atténuation et de disparition de la douleur n’ont jamais été aussi efficaces, et continuent d’être développés. Enfin, quid de la souffrance psychologique ? Ce sont le sentiment d’abandon, le regard dénigrant, l’absence de considération, de présence, d’accompagnement, bref d’amour qui font le plus mal et conduisent à formuler une demande d’euthanasie. Comment répondre à cette détresse ? Précisément, par une écoute attentive, un accompagnement véritable ainsi qu'une présence humaine chaleureuse. Tel est le vrai défi auquel la France est aujourd’hui confrontée. |
| Mise à jour le Dimanche, 02 Octobre 2011 20:06 |
L'euthanasie au delà des slogans




